Miroir, mon beau miroir

Il y a peu, une connaissance m'a fait un retour sur un de mes ateliers.


J'aime demander des retours, parce que je pars du principe que que je peux toujours apprendre. Après, quand on demande, le problème, c'est qu'on reçoit... C'est là qu'on commence à s'amuser. Ce qui est intéressant avec les retours, c'est d'observer ce qu'ils éveillent en soi (souvent, ils éveillent un léger moment de malaise où plus personne ne sait où se mettre et tout le monde boit son verre d'eau cul sec) (et ensuite, éventuellement, on digère).




C'est une démarche que j'ai toujours eue (c'est mon coté masochiste). J'attends de mes ami.e.s une franchise complète et sans filtre et je leur retourne avec plaisir (et douceur) la même politesse.

Comment pouvons nous nous connaitre si nous n'avons pas de temps en temps un point de vue extérieur? Comment pouvons nous avancer sans jamais nous confronter au miroir des autres? Comment pouvons nous être moins con.ne.s sans accepter qu'on souligne quand on l'est?


Trêve de détour, j'ai donc eu mon retour. C'était un retour sympa, et donné avec beaucoup de bienveillance... Je le retranscris le plus fidèlement possible: De temps en temps, pendant l'atelier, mon élève a perçu un manque de confiance en moi.


Mmmh, première flèche (comme on dit), aïe. Forcement, je ne vais pas mentir, j'aurais préféré qu'on chante mes louanges, qu'on grave mon nom sur une tablette en platine avant d'ériger une statue à ma gloire. On me souffle dans l'oreillette que c'est pas trop trop yogi ce que je raconte.

Bref, petit coup de marteau sur la tête de mon ego, soit.




Ensuite, je réfléchis un peu...


Oui, clairement, c'était pas un atelier ou j'étais très à l'aise. Déjà, c'était ma première venue dans un studio qui m'intimidait un peu, il y avait peu d'inscrit.e.s dans les jours précédents donc je m'étais remuée de partout comme une grosse énervée en demandant un coup de main à tout mon (petit) réseau pour trouver des élèves, en me sentant bien stupide, vu que l'intégralité de mon estime de moi vient du nombre d'élèves inscrit.e.s à mes cours (je rigole hein).

Ensuite, j'aime bien me poser en avance au studio pour m'installer et rentrer dans un état méditatif, mais on m'avait ouvert un peu au dernier moment, j'avais passé les minutes précédant le cours à m'agiter de partout pour mettre la musique, faire pipi, organiser les tapis, faire pipi, mettre de l'encens, refaire pipi, préparer mes notes, c'est bon vessie vide (j'ai une vessie de la taille d'un pois chiche).

En plus, il y avait plusieurs enseignant.e.s dans la salle. En général, ça ne me fait ni chaud ni froid, mais bon, là... Va savoir pourquoi...


Bref, j'étais pas tout à fait au top.




Je récapitule:

Etape 1: Bim, je ramasse mes molaires par terre

Etape 2: Je respire un grand coup

Etape 3: Ah ben oui, en effet, j'étais un peu déstabilisée. J'accepte.


Et après, qu'est ce que je fais de tout ça?

Mmh, d'abord, j'en tire des idées concrètes: même si les choses s'enchainent un peu vite, je prendrai toujours 3 minutes pour me recentrer avant un atelier.


Ensuite, j'ai laissé mes pensées se balader un peu.


Je fais assez attention à transmettre des "trucs" vrais, dans mes cours, dans ma "présence en ligne", etc... Je dis assez facilement à mes élèves que je me sens pas top quand c'est le cas, je poste des vidéos de moi en train de tomber, je bois une bière avec mes élèves parfois, mange des muffins très sucrés et, quand je suis à Lesvos, je fume (pinaize, cet article est en train de se transformer en confessionnal).


Je ne veux pas que mon cours de yoga soit une représentation. Je ne souhaite pas faire un show et me sentir rodée. Bon, je ne vais pas mentir, c'est plus simple quand je ne stresse pas, mais j'accepte l'imperfection. Parfois je cherche mes mots, parfois je dis n'imp. Parfois, je me fracasse sur le sol en pleine démo d'inversion...


Et c'est ok! Je suis humaine, je ne suis pas en spectacle. Je suis assez confortable avec l'idée que mes élèves peuvent parfois percevoir mes émotions, non? Vu que je les encourage à ressentir les leurs, au final, ce n'est que justice.


D'ailleurs, je ne peux tellement pas répéter mes cours que je n'arrive même pas à enseigner deux fois le même cours. J'ai essayé, je m'ennuie à mourir.




Tout ça pour dire? Ben pas grand chose. Ah siiii:


1- Merci pour les retours, continuez de m'en faire, SVP!


2- Sur mon chemin d'enseignante, je fais le voeux solennel de toujours viser à faire mieux, tout en me permettant d'être moi-même et en n'étant jamais désolée de ne pas être parfaite <3


Voili voilou... En tout cas, si vous me voyez un peu stressée en atelier, faites moi un ptit sourire !

(Comme ça, à chaque fois que quelqu'un va me sourire, je vais penser qu'il/elle me trouve stressée, ça va être fun)